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CHRONOLOGIE JUDICIAIRE

Chronologie d’une affaire

Cette affaire montre l’autre face des cessions en bloc : lorsque le prix individuel ne peut réellement pas être isolé, le retrait litigieux peut être impossible.

Décision de jurisprudence

Cour de cassation — 18 septembre 2007

Chambre commerciale, financière et économique — pourvoi n° 06-16.617 — non publié au Bulletin

L’histoire en une minute

Le 11 avril 1995, la banque Pallas Stern consent à la société Hôtelière Paris Est un prêt de 10 500 000 francs, qui devait être remboursé intégralement le 30 juin 1997.

En pratique, la banque verse d’abord 3 200 000 F, puis 200 000 F en avril et mai 1995.

Après les difficultés de la banque et du financement, une somme de 3 691 201,40 F est réclamée à l’emprunteur. Une action en paiement est engagée le 12 septembre 1996.

La créance est cédée à MAAF Assurances le 19 mars 1999, avec un portefeuille dont la valeur nominale dépasse 1 milliard de francs.

Le prix de ce portefeuille n’est pas un montant fixe créance par créance : il correspond à 80 % des sommes effectivement recouvrées, après prise en compte des conditions prévues par la cession.

Les chiffres à retenir

10 500 000 F : montant nominal initial du prêt.

3 400 000 F : 3,2 M F puis 0,2 M F versés en avril et mai 1995.

3 691 201,40 F : somme devenue exigible après déchéance du terme.

plus de 1 milliard de francs : valeur nominale de l’ensemble des créances cédées.

80 % des sommes recouvrées : mode de calcul du prix global.

118 931,87 € : montant proposé pour exercer le retrait.

531 452,55 € : somme finalement mise à la charge de HPE et de la caution par l’arrêt attaqué.

Les chiffres à retenir

10 500 000 F

montant nominal du prêt accordé en 1995 à la société Hôtelière Paris Est.

3 200 000 F + 200 000 F

sommes effectivement versées à l’emprunteuse en avril et mai 1995.

3 691 201,40 F

somme devenue exigible après la déchéance du terme mentionnée dans la décision.

118 931,87 €

montant proposé pour exercer le retrait litigieux ; cette demande est rejetée.

531 452,55 €

somme au paiement de laquelle HPE et la caution avaient été condamnées au profit de la MAAF.

80 %

mécanisme de prix décrit dans l’arrêt : le prix unique dépendait des créances effectivement recouvrées, après déduction de frais.

19 mars 1999

date de la cession de la créance de la banque Pallas Stern à la MAAF.

18 septembre 2007

la Cour de cassation rejette le pourvoi concernant notamment le retrait litigieux.

11 avril 1995

Un prêt de 10,5 millions de francs est signé

La banque Pallas Stern consent à HPE un prêt de 10 500 000 F.

Le remboursement intégral était prévu pour le 30 juin 1997.

Avril–mai 1995

Seule une partie des fonds est versée

La banque met à disposition 3 200 000 F, puis 200 000 F.

Pourquoi cette étape compte

Les difficultés de la banque interrompent ensuite la poursuite normale du financement.

30 juin 1995

La banque entre en redressement judiciaire

Pallas Stern est placée en redressement judiciaire.

Les intérêts conventionnels du prêt étaient également exigibles à compter de cette période.

12 septembre 1996

Une action en paiement est engagée

Après mise en demeure portant notamment sur 3 691 201,40 F, HPE et sa caution sont assignées en paiement.

HPE forme de son côté une demande reconventionnelle de dommages-intérêts.

Pourquoi cette étape compte

Le contentieux existe donc bien avant la cession de 1999.

28 février 1997

Liquidation judiciaire de la banque

La banque Pallas Stern est placée en liquidation judiciaire.

19 mars 1999

La créance est cédée à MAAF Assurances

La créance est vendue avec de nombreuses autres créances échues ou à échoir, contentieuses ou non.

La valeur nominale du portefeuille dépasse 1 milliard de francs.

Le prix global est égal à 80 % du montant des créances effectivement recouvrées.

Pourquoi cette étape compte

Le montant final du prix de cession dépend donc du résultat futur du recouvrement.

16 juin 2004

Une première cassation intervient

Une première décision de la chambre commerciale intervient sous le pourvoi n° 01-17.030.

L’affaire est ensuite rejugée par la cour d’appel de Versailles.

23 mai 2006

La cour d’appel de Versailles refuse le retrait

HPE voulait exercer le retrait moyennant 118 931,87 €.

La cour considère que le prix individuel ne peut être isolé au sein de cette cession.

Elle condamne solidairement HPE et la caution à payer 531 452,55 €, avec intérêts.

Pourquoi cette étape compte

La comparaison entre 118 931,87 € et 531 452,55 € montre immédiatement l’enjeu économique du débat.

18 septembre 2007

La Cour de cassation confirme le refus

La Cour approuve l’analyse selon laquelle le portefeuille rassemble des créances de valeurs très inégales pour un prix unique.

Le prix individuel de la créance HPE ne pouvait pas être isolé dans les circonstances retenues par les juges.

Le pourvoi est rejeté.

Pourquoi cette étape compte

C’est un contre-exemple essentiel : une cession en bloc peut permettre le retrait, mais seulement si le prix individuel est réellement déterminable.

Ce qu’il faut retenir

  • Portefeuille : plus de 1 milliard de francs de valeur nominale.
  • Prix : 80 % des sommes finalement recouvrées.
  • Retrait proposé : 118 931,87 €.
  • Condamnation : 531 452,55 €.
  • Dans cette configuration précise, la Cour valide l’impossibilité d’isoler le prix individuel.

SOURCES OFFICIELLES

Références officielles et vérifiables

Les dates, montants et éléments de procédure indiqués dans cette fiche sont repris des textes officiels ci-dessous. Lorsqu’une information n’est pas donnée par la décision publiée, elle n’est pas reconstituée.

Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, 18 septembre 2007, n° 06-16.617 — rejet.