MENU

CHRONOLOGIE JUDICIAIRE

Chronologie d’une affaire

Cette affaire permet de comprendre très concrètement pourquoi la qualité de défendeur est déterminante pour exercer le retrait litigieux.

Décision de jurisprudence

Cour de cassation — 20 janvier 2004

Première chambre civile — pourvoi n° 00-20.086 — publié au Bulletin

L’histoire en une minute

Un cabinet d’avocats avait demandé au bâtonnier de fixer les honoraires dus par la société BKGM. Le 20 octobre 1997, le bâtonnier fait droit aux prétentions du cabinet.

BKGM forme un recours puis, le 23 avril 1998, cède à deux personnes ses droits litigieux contre le cabinet pour le prix particulièrement parlant de 1 franc.

Le 30 mars 1999, le premier président de la cour d’appel de Paris infirme la décision initiale et condamne le cabinet à rembourser 166 702,96 francs aux cessionnaires.

Le cabinet tente alors d’exercer le retrait litigieux. La Cour de cassation juge finalement qu’il ne le pouvait pas : c’était lui qui avait engagé la demande initiale de fixation des honoraires.

Les chiffres à retenir

1 franc : prix de la cession des droits litigieux du 23 avril 1998.

166 702,96 F : remboursement ordonné le 30 mars 1999.

201 196,49 F : somme que l’arrêt de la cour d’appel du 22 juin 2000 avait ordonné aux cessionnaires de restituer au cabinet.

6 dates précises permettent de suivre le dossier de 1997 à 2004.

Les chiffres à retenir

1 franc

prix auquel BKGM avait cédé le 23 avril 1998 ses droits litigieux contre la société d’avocats.

166 702,96 F

somme dont le premier président avait ordonné le remboursement par la société d’avocats le 30 mars 1999.

201 196,49 F

somme en principal que l’arrêt ensuite cassé avait ordonné aux cessionnaires de restituer.

20 octobre 1997

décision initiale du bâtonnier sur la créance d’honoraires.

23 avril 1998

date de la cession du droit litigieux pour un franc.

22 juin 2000

arrêt de la cour d’appel de Paris qui avait admis le retrait.

20 janvier 2004

la Cour de cassation censure cette solution : le retrait ne peut être exercé que par le défendeur à l’instance qui conteste le droit litigieux.

20 octobre 1997

Le bâtonnier statue sur les honoraires

Saisi par le cabinet Cejef Binder et associés, le bâtonnier de Paris fait droit à sa demande de fixation d’honoraires contre BKGM.

Pourquoi cette étape compte

Le cabinet est demandeur dans l’instance à l’origine du droit litigieux.

23 avril 1998

Les droits litigieux sont cédés pour 1 franc

Après avoir formé un recours, BKGM cède ses droits litigieux contre le cabinet à deux cessionnaires.

Prix indiqué dans l’arrêt : 1 franc.

Pourquoi cette étape compte

Le montant est spectaculaire, mais il ne suffit pas à lui seul à donner au cabinet le droit d’exercer le retrait.

30 mars 1999

Le premier président infirme la décision

Le premier président de la cour d’appel de Paris condamne le cabinet à rembourser aux cessionnaires 166 702,96 francs.

23 avril 1999

Le cabinet exerce le retrait

Un an jour pour jour après la cession, le cabinet notifie aux cessionnaires qu’il entend exercer le retrait litigieux et les assigne en remboursement.

Pourquoi cette étape compte

La question n’est pas seulement celle du prix : il faut d’abord avoir la qualité juridique permettant d’exercer le retrait.

22 juin 2000

La cour d’appel admet le retrait

La cour d’appel de Paris considère que le retrait a été régulièrement exercé.

Elle condamne les cessionnaires à restituer au cabinet 201 196,49 francs en principal.

Pourquoi cette étape compte

C’est cette analyse de la qualité des parties que la Cour de cassation va censurer.

20 janvier 2004

La Cour de cassation casse l’arrêt

La première chambre civile rappelle que le retrait litigieux ne peut être exercé que par un défendeur à l’instance qui conteste le droit litigieux.

Le cabinet était demandeur devant le bâtonnier : il ne pouvait donc bénéficier du retrait.

L’affaire est renvoyée devant la cour d’appel de Rouen.

Pourquoi cette étape compte

Même avec une cession à 1 franc, la condition procédurale de qualité du retrayant reste déterminante.

Ce qu’il faut retenir

  • Le prix extrêmement faible de 1 franc n’a pas suffi à permettre le retrait.
  • La Cour examine d’abord qui était demandeur et qui était défendeur dans l’instance ayant fait naître le droit litigieux.
  • Le cabinet ayant engagé la demande initiale, il ne pouvait pas exercer le retrait.
  • L’arrêt du 22 juin 2000 est cassé dans toutes ses dispositions.

SOURCES OFFICIELLES

Références officielles et vérifiables

Les dates, montants et éléments de procédure indiqués dans cette fiche sont repris des textes officiels ci-dessous. Lorsqu’une information n’est pas donnée par la décision publiée, elle n’est pas reconstituée.

Cour de cassation, première chambre civile, 20 janvier 2004, n° 00-20.086 — publié au Bulletin — cassation.